Pop anglaise, comme je t’aime !

Aujourd’hui est sorti un bijou de pop anglaise à ne pas rater ! Amatrice des Beatles et autres sons british, Chroma de Eugene McGuinness est mon gros coup de cœur musical, rien d’étonnant quand on sait qu’il est ami avec Miles Kane et Alex Turner (leader des Artic Monkeys).

 

 Les critiques musicales ne sont pas mon fort car je n’y connais pas grand chose en musique, mais je sais ce que j’aime et que je n’aime pas et pourquoi. Et là, en vagabondant sur deezer, je suis tombée sur la bouille d’Eugene McGuiness et j’ai cliqué. Oui, c’était d’abord un choix visuel (comme souvent sur deezer), c’est arbitraire, mais je vous raconte honnêtement comment ça s’est passé. J’ai lancé le premier titre de Chroma intitulé « Godiva »…

Eugene McGuinness - Chroma

Les premières notes, la voix derrière les instruments, sa façon de prolonger les mots et de les moduler, cet ensemble m’a directement fait penser aux Beatles et séduite. Du coup, j’ai été lire sa biographie et, en effet, il a été  biberonné par ses parents irlandais (mais venant sans nul doute d’Écosse compte tenu du nom de famille) aux Beatles, Kinks et Bob Dylan. Il a aussi passé son adolescence à Liverpool. Le destin, le hasard, appelez ça comme vous voulez, mais il était évident qu’avec une guitare entre les mains toutes ces influences se feraient sentir. Il a rapidement été encensé par la critique, mais est resté longtemps un peu moins connu du public jusqu’en 2008 et 2012 avec son album à succès Invitation to the voyage.

L’ouverture de l’album est très bien choisie pour nous plonger directement dans son univers. Si j’aime la suivante « Amazing Grace », je m’envole carrément avec « I drink your milkshake » et ses sonorités dansantes: le synthé saturé, le riff de guitare, la basse… Peut-être aussi parce que je suis une gourmande, les percussions me rappellent le bruit des cuillères.Ou pour tout autre chose…

 

T-shirt sur : http://www.snorgtees.com/i-drink-your-milkshake
T-shirt sur : http://www.snorgtees.com/i-drink-your-milkshake

En fait, la chanson n’est pas si mignonne que ça, ça dit quand même « I suck the cup,  if you like, just to fuck you up, if you like » (J’aspire la coupe [de glace], si tu aimes, juste pour te foutre en l’air, si tu aimes) ce qui a parfaitement un sens quand on connaît d’où vient l’expression « I drink your milkshake ». Le petit air niais de la chanson contraste avec cette phrase devenue culte dans le film There will be blood de Paul Thomas Anderson. « I drink your milkshake » ce n’est pas « J’ai bu ton lait frappé » (autant tout traduire), c’est un vrai phénomène comme en atteste ces multiples versions parodiques (par contre attention si vous n’avez pas vu There will be blood -comme moi… – ça spoil un peu puisque c’est la « catchphrase » finale). Cela s’utilise, selon l’urban dictionnary et ma traduction, quand quelqu’un a obtenu une victoire écrasante sur quelqu’un d’autre sans qu’il n’ait eu le temps de comprendre/sans qu’il ne s’aperçoive de ce qu’il se passait. Cela peut aussi être un sous-entendu obscène. Là, clairement Eugene se la pète un peu: « I play the part, I play the lead, I’m the first and the last of a dying breed », dans l’idée, il dit qu’il joue le rôle principal (avec les multiples sens de lead utilisé notamment en musique pour désigner le solo), qu’il est le premier et dernier d’une espèce qui s’éteint.

Au final, le petit ton enjoué de cette musique est parfaitement géniale pour accompagner le texte, c’est le plaisir jouissif de prendre sa revanche. A écouter quand on est énervé !

Les autres chansons se succèdent avec le même plaisir, « She paints house » douce ballade musicale, donne envie de se dandiner avec des lunettes de soleil et un grand chapeau, la partie rythmique d’Immortals attire particulièrement l’oreille, « Crueller Kind » est moins glorieuse qu’ « I drink your milkshake », car là il est sur le trottoir (« I can’t reach you from the pavment »), « Deception of the Crush » nous répète en boucle le titre avec un « you know » en prime et évoque tout en gaieté la déception après un béguin. « All in all », plus douce, nous invite au calme pour mieux repartir sur « Black stang » (pour Mustang) et son rythme effréné. « Heart of Chrome » et « Fairlight », titre lent et psychédélique, concluent l’album qui fait (en résumant grossièrement) un panorama chromatique de sensations et émotions humaines.

N’hésitez pas une seconde, foncez écouter son album sur deezer !

Vous pouvez également lire cette belle critique, avec un regard un peu plus pro que le mien ici.

 

Semer l’amour en musique

Il manquait un peu de musique dans notre bric-à-brac ! Une erreur corrigée avec cet article sur notre coup de cœur pop du moment: l’album Sow Love  de Soul&Sister, un duo québécois.

« Take my hand » -Soul&Sister

Parfois, lorsqu’on se laisse aller au hasard de deezer on a de bonnes surprises (pas toujours, mais ça arrive). Comme je suis en pleine période pop (joyeuse ou mélancolique, selon le moment), Sow love tombe à point nommé.

Sow love, Semer l’amour pour ceux qui ne parlent pas couramment l’anglais, contrairement au duo québécois Soul&Sister, distille une pop douce et mélodieuse, de celle qui vous donne envie de balancer doucement votre buste quand vous êtes assis (comme moi au moment où j’écris ces lignes).

L’album s’ouvre sur une jolie intro, toute en musique, qui donne la couleur et le ton de l’album. Puis, « Another Day » nous fait découvrir la voix de Charles-David rejoint pour le refrain par sa sœur Maude. L’harmonie de Soul&Sister est là. Une douce mélancolique s’installe peu à peu, pas de celle qui vous fait pleurer, de celle qui vous repose, vous laisse songeur. « Papillon » et ses violons mêlés à la guitare acoustique est vraiment très jolies, sans parole également, elle laisse toute la place à la composition de Charles David.

Les mélodies et les paroles sont pleine de candeur, mais c’est tout le charme de cet album, comme dans « Justine » où il n’ose pas révéler son amour par timidité à la dite jeune fille. Une histoire d’amour adolescent où même le phrasé du chanteur semble niais, mais ne sommes-nous tous pas de grands timides dans ces situations même en grandissant ? Précisons de plus que Charles-David n’a que 15 ans, un fait qui peut vous surprendre si vous avez été écouté l’album avant de lire cet article ou si vous l’avez commencé en lisant.

 Je reprocherais peut-être tout de même la trop grande présence dans certains titres des glissements de doigts sur la guitare. Cela peut être un effet de style, mais s’il est trop présent il a tendance à agacer et à gâcher l’ensemble comme dans « Take my hand » ou « Drowned Words » (un peu moins présent que dans la première).

Pour en savoir plus, vous pouvez lire cet article du journal de Chambly, ville dont sont originaires les membres de Soul&Sister.

Dites-nous ce que vous en pensez et n’hésitez pas à partager également vos coups de cœur sur le blog : scrapandwrite@outlook.fr