[critique invité] The White Bird

The White Bird se situe dans la continuité du travail de Araki sur l’adolescence et le surplus d’hormones. Il fait suite à Kaboom de 2010, film flamboyant et sous acide se rapprochant de Nowhere (97). White Bird quant à lui est très proche esthétiquement de son film Mysterious Skin de 2004, lenteur, douceur, poésie (« ma virginité s’ en alla en un claquement de doigt, tout comme ma mère ») . Le sujet du film c’est donc cela, la disparition inexpliquée de la mère (Eva Green froide et névrotique comme elle excelle) de Kat (Shailene Woodley). Le rôle du père est attribué au jusqu’à lors trop inconnu, Christopher Meloni, que l’on retrouve étrangement à nouveau face à une Eva Green intransigeante(Sin City 2). Rien à dire du côté de la performance des acteurs.


Le scénario de White Bird est l’adaptation du roman du même nom de Laura Kassischke. Le personnage de l’héroïne est vraiment finement taillé, à la fois rude et fragile avec une compréhension sensible du monde qui l’entoure qui en font une personnalité plus qu’un personnage à proprement parler. Vraiment un beau portrait pour Araki qui n’est pas forcément le plus subtil dans la création de ses personnages. Ce qui d’ailleurs fait aussi partie du charme de ses autres films tels que ceux de la Trilogie de l’apocalypse adolescente, appartenant au mouvement Queer du cinéma indépendant des 90 et se basant à contrario de White Bird sur l’excès et l’affirmation d’une différence(à la base sexuelle mais aussi esthétique). White Bird et Mysterious Skin sont ses deux uniques films fonctionnant différemment, justesse et finesse de ton, avec une poésie sous-jacente, oui les personnages sont fragiles face à un monde hostile qu’ ils n’arrivent pas à appréhender mais ils ne souhaitent pas le détruire en appuyant sur le gros bouton rouge (cf Kaboom). Les corrélations entre les deux films sont très claires, même musique de générique, même générique tout court d’ailleurs (neige qui tombe pour l’un, céréales pour l’autre). Le ton est donné, ceux qui voulaient un nouveau Kaboom (son plus grand succès commercial et dernier film sorti) repasseront. Les deux films sont des adaptations de roman, les deux ont recours à la voix off du héros ainsi qu’ à la création visuelle de son imaginaire, ses rêves. On retrouve certains plans de décors travaillés à la façon d’auteur tel que Lynch et le cinéma indépendant américain des 90 en général, c’est à dire une critique de l’intérieur comme endroit rassurant mais plutôt comme une aliénation pour la femme, plan large, espace géométrique et vide, inquiétant en somme.

Cependant White Bird n’arrive pas ou peut être juste ne tend pas vers la teneur émotionnelle que dégage Mysterious Skin. Ne comparons même pas les deux fins… Tout le principe de ce genre de film pour Araki est l’émotion qu’il ne peut pas se permettre d’ordinaire dans son genre de prédilection c’est-à-dire dans le reste de sa filmo, où l’on revendique son existence dans l’extravagance, le factice et la déformation de la réalité sous le filtre d’un autre médium tel que par la TV dans Doom Generation ou la drogue dans Nowhere, Kaboom ou encore Smiley Face. Hors dans White Bird elle nous effleure, mais ne nous pénètre pas. Bon film au cinéma, moyen dans la filmo de Araki, loin des inventions visuelles et de l’impact émotionnel de ses autres films.

 

Mélanie

[critique invité] La planète des singes : L’affrontement

Un blockbuster intelligent comme on aimerait en voir plus souvent.

 

192966

Si le premier opus avait su vous séduire par son efficace condensé d’action, réflexion et émotion, vous serez ravis d’apprendre que ce deuxième volet reprend tout ce qui faisait le charme de son aîné, tout en balayant pas mal de ses errances…

Tout d’abord, l’esthétique post-apocalyptique et détaillé prend à contre pied l’aspect neutre et froid des « origines », rendant le tout bien plus immersif et créant un lien entre l‘ancienne saga et la nouvelle génération.

Mais avant tout, le véritable progrès se trouve dans le traitement des rapports hommes-singes. En effet, là où on nous jetait en pâture de pauvres singes sans défense, victimes de la cruauté d’hommes bêtes et méchants, nous avons le droit ici à quelque chose de bien plus nuancé… Du côté des singes comme des hommes, nous voyons évoluer des êtres blessés, essayant de se reconstruire, et ayant une véritable raison d’accomplir leurs « bonnes » ou « mauvaises » actions.

On ne regrettera pas non plus l’absence de James Franco (Oui… Je sais les filles… Il est beau! Mais ça ne suffit pas toujours!), remplacé par des acteurs plus convaincants.

Bref, grâce à son propos toujours pertinent et terriblement d’actualité, ce long métrage pose les bonnes questions: Sommes-nous vraiment capable de nous remettre en question et d’apaiser notre rancœur, afin de bâtir un monde meilleur et paisible, ou sommes nous simplement voués à nous déchirer éternellement? Il ne manquera pas non plus d’arracher quelques larmes aux plus endurcis d’entre vous!^^

Benoît D.

Ciné « psycho »

Si certains d’entre vous n’ont pas encore lu ma description, il se peut que vous ne soyez pas au courant que j’ai tendance à soûler les gens avec mes études : La psycho.

Et du coup, j’ai décidé de vous soûler encore un ptit peu, en vous présentant une liste de films « psycho », bien que ma formation ne soit pas du tout axée sur la psychopathologie clinique  (psychoses / névroses pour faire vite).

logo-cinema-3

 

 L’autisme

 

Je pourrais choisir la facilité et vous proposer Rain Man, mais vous êtes là pour découvrir des films, alors j’aurais plus de chance de vous en faire découvrir avec :

                                                         Snow Cake (2007) : Avec Sigourney Weaver et  Alan Rickman

Dans un accident de voiture Alex a tué Vivienne, fille unique de Linda, qu’il avait pris  en stop.  Pris de culpabilité (ça ce dit ?), il frappe à la porte de Linda, autiste.

 

 

 

 

               Mary et Max (2009): Avec Toni Collette et Philip Seymour Hoffman

Mary, fillette de 8 ans, solitaire vivant en Australie, entretient une relation épistolaire avec Max un homme de 44 ans atteint du syndrome d’Asperger, vivant à New York.

 

 

 

 La déficience intellectuelle

 

                                                 Sam je suis Sam (2001): Sean Penn, Dakota Fanning, Michelle Pfeiffer

A la naissance de Lucy, sa mère la rejette et s’enfuit, laissant l’enfant grandir avec son père Sam, déficient intellectuel.  Après  quelques années, il se voit retirer la garde de sa fille par les services sociaux qui ne le trouvent pas apte à s’occuper de son éducation. Une avocate accepte de défendre son cas.

 

 

 

                                                         Gabrielle (2013) : Gabrielle Marion-Rivard, Alexandre Landry

Gabrielle et Martin tombent fous amoureux l’un de l’autre. Mais leur entourage ne leur permet pas de vivre cet amour comme ils l’entendent car Gabrielle et Martin ne sont pas tout à fait comme les autres. ( L’accent canadien peut déranger)

 

 

La paranoïa

                                                   Le locataire (1976) : Roman Polanski, Isabelle Adjani, Melvyn Douglas

Trelkovsky visite un appartement inoccupé dans un quartier de Paris, la concierge lui apprend que la locataire précédente s’est jetée par la fenêtre. Trelkovsky s’installe dans l’appartement. Mais il est bientôt victime de multiples vexations de la part de ses voisins…

 

 

Martha Marcy May Marlene (2012) : Elizabeth Olsen, John Hawkes, Sarah Paulson

Après avoir fui une secte, Martha tente de se reconstruire et de retrouver une vie normale. Elle cherche de l’aide auprès de sa sœur aînée, Lucy, et de son beau-frère avec qui elle n’avait plus de contacts, mais elle est incapable de leur avouer la vérité sur sa longue disparition. Martha est persuadée que son ancienne secte la pourchasse toujours.

 

 

                                      Rosemary’s Baby (1968) : Mia Farrow, John Cassavetes, Ruth Gordon

Guy et sa femme, enceinte, s’installent dans un immeuble new-yorkais vétuste, considéré par leur ami comme une demeure maléfique. Aussitôt, leurs voisins, Minnie et Roman, un vieux couple, imposent leur amitié et leurs services.

 

 

Schizophrénie/ Troubles de la personnalité

                                                        Dédales (2002) : Sylvie Testud, Lambert Wilson, Frédéric Diefenthal

Claude est une tueuse à personnalités multiples. Le docteur Brennac, psychiatre, et l’inspecteur Matthias mènent une enquête parallèle pour découvrir le mystère qui entoure ses meurtres et la réelle identité de Claude.

 

 
Un homme d’exception (2001) : Russell Crowe, Ed Harris, Jennifer Connelly

John ,étudiant en mathématiques élabore sa théorie économique des jeux. Au début des années cinquante, ses travaux et son enseignement au Massachusetts Institute of Technology ne passent pas inaperçus et un représentant du Département de la Défense, William Parcher, se présente à lui pour lui proposer d’aider secrètement les États-Unis. Ce job n’est toutefois pas sans risques : des agents ennemis surveillent ses moindres faits et gestes. Mais personne ne le croit.

 

 

Stress post traumatique

 

                                                       Birdy (1985) : Matthew Modine, Nicolas Cage, John Harkins

Birdy et Al, deux amis inséparables, sont revenus du Vietnam cruellement marqués. Al est prêt à tout pour sauver Birdy qui poursuit un rêve fou… : voler comme un oiseau !

 

 

 
 Les fragments d’Antonin (2006) : Gregori Derangère, Anouk Grinberg, Aurélien Recoing

Cinq prénoms inlassablement répétés. Cinq gestes obsessionnels. Cinq moments de guerre. Antonin est revenu des combats sans blessure apparente. La sienne est intime, intérieure, enfouie. Nous sommes en 1919 et le professeur Labrousse, pionnier dans le traitement des chocs traumatiques de guerre se passionne pour son cas. Sa méthode, nouvelle et controversée, doit lui faire revivre les moments les plus intenses de sa guerre afin de l’en libérer.

 

 

Erotomanie

 

                                            A la folie pas du tout (2002) : Audrey Tautou, Samuel Le Bihan, Isabelle Carré

Angélique, une jeune fille insouciante, partage sa vie entre ses études aux Beaux-Arts et son travail de serveuse dans un bar. Un jour, elle tombe amoureuse de Loïc, un cardiologue dont l’épouse attend un enfant, et tente l’impossible pour séparer le couple.

 

 

 

Bon pour une thérapie familiale

 

                                                                Carnage (2011) : Jodie Foster, Kate Winslet, Christoph Waltz

Dans un jardin public, deux enfants de 11 ans se bagarrent et se blessent. Les parents de la « victime » demandent à s’expliquer avec les parents du « coupable ». Rapidement, les échanges cordiaux cèdent le pas à l’affrontement.

 

 

Enfance et troubles psy

 

                                             We need to talk about kevin (2011) : Tilda Swinton, John C. Reilly, Ezra Miller

Eva a mis sa vie professionnelle et ses ambitions personnelles entre parenthèses pour donner naissance à Kevin. La communication entre mère et fils s’avère d’emblée très compliquée. A l’aube de ses 16 ans, il commet l’irréparable. Eva s’interroge alors sur sa responsabilité. En se remémorant les étapes de sa vie avant et avec Kevin, elle tente de comprendre ce qu’elle aurait pu ou peut-être dû faire.

 

 

Dépersonnalisation

A perdre la raison (2012) : Niels Arestrup, Tahar Rahim, Emilie Dequenne

Murielle et Mounir s’aiment passionnément. Depuis son enfance, le jeune homme vit chez le Docteur Pinget, qui lui assure une vie matérielle aisée. Quand Mounir et Murielle décident de se marier et d’avoir des enfants, la dépendance du couple envers le médecin devient excessive. Murielle se retrouve alors enfermée dans un climat affectif irrespirable, ce qui mène insidieusement la famille vers une issue tragique. Ce film est tiré d’une histoire vraie.

 

 

 

TOC

 

                                    Pour le pire et pour le meilleur (1998) : Jack Nicholson, Helen Hunt, Greg Kinnear

Melvin Udall, un écrivain misanthrope, écrit à la chaîne des romans sentimentaux qui comblent son sens pervers de l’autoridérision et lui permettent de vivre confortablement. Sa vie est réglée comme du papier à musique, il évite le contact humain hormis celui de Carol Connelly, une jeune mère célibataire, serveuse dans un restaurant où il prend ses repas.
Un jour, Simon Bishop, son voisin, artiste gay, est defiguré par deux voyous, le fils de Carol tombe malade et Melvin hérite du chien de Simon pendant son séjour à l’hôpital. Sa vie en est toute bouleversée.

 

 

Voilà pour aujourd’hui! Si vous pensez à un film ou deux, ou trois… n »hésitez pas! Je ferai un autre article =)

Rion

[critique invité] Les gardiens de la galaxie

Benoît nous fait part de ses impressions concernant le dernier Marvel Les Gardiens de la Galaxie qui sort ce  mercredi 13 août en France.


 

Just… WOOOOOOW!!!!!!!

D’accord… Je m’attendais à une bien jolie tuerie en voyant la bande-annonce… Mais c’est bien l’une des rares fois où un film me prouve qu’il peut surpasser une bande-annonce se voulant aguicheuse et valorisante…

Contre toute attente, et à mon sens, la principale force de ce chef d’œuvre réside dans ses dialogues génialement écrits. En effet, si vous pensiez qu’Iron Man ou spider-man détenaient la palme du héros le plus fanfaron et vanneur de l’univers Marvel, attendez un peu de vous pisser de rire dessus pendant la quasi-integralité du métrage. Jamais (vraiment) lourdingues et souvent malines, les répliques délivrées par des acteurs au diapason (Chris Pratt et Bradley Cooper en tête) soufflent sur nos esprits blasés un vent de fraicheur inattendu et inespéré !

Je ne vais pas m’étendre sur les scènes d’actions parfaitement chorégraphiées ou des plans sublimes offrant au film un cachet vraiment authentique ! On pestera peut-être sur le classicisme relatif de l’histoire, mais à mon avis, vous aurez trop mal aux abdos pour vraiment vous en soucier ! On sort du cinéma avec le cœur léger, des étoiles plein les yeux… et une furieuse envie de danser!

Foncez le voir sans hésiter, vous comprendrez de quoi de je veux parler !^^

Benoît D.

Les Gardiens de la Galaxie, réalisé par James Gunn

Durée: 2h10

Avec: Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista

Du mélo chez les dragons

Dragons 2 des studios d’animation Dreamworks  sortira le 2 juillet. Grande fan du premier film, j’ai assisté à une avant-première et vous livre mes impressions (sans spoils, promis !).

 

 

Dans une salle pleine d’enfants ( mais pas que ), c’est tout excitée que j’ai placé les lunettes 3 D devant mes yeux pour assister à l’avant-première de Dragons 2 (déjà sorti depuis une bonne semaine dans d’autres pays comme les États-Unis) dimanche 15 juin.

Le film commence sur les chapeaux de roue avec le tout nouveau sport favori de Beurk qui a bien changé depuis le 1er opus ( une évolution que l’on peut voir au cours de la série de Cartoon Network Dragons: Cavaliers de Beurk ). Harold a grandi, mais reste toujours le garçon un peu en marge du village et passe son temps à explorer le monde qui les entoure avec Krokmou ( toujours aussi félin, adorable et drôle – j’aimerais tellement en avoir un chez moi ! ).

Toute la bande est au rendez-vous pour Dragons 2 !
Toute la bande est au rendez-vous pour Dragons 2 !

On se laisse sans problème transporté dans l’univers de ce second volet et on apprécie les scènes de vols avec les dragons, de vraies acrobaties incroyables! La magie du dessin-animé c’est qu’on peut tout faire sur un dragon. De nouveaux spécimens sont à découvrir et il y en a des… assez impressionnants (je n’en dis pas plus !).

Dans l’ensemble, j’ai apprécié Dragons 2, mais sans doute parce que je suis attachée à cet univers et à Krokmou qui vraiment sauve l’ensemble ( même quand il est en arrière-plan, il pique la vedette aux autres ). J’ai trouvé qu’il y avait un peu trop de mélodrame. Comme la bande-annonce le dévoile, Harold va retrouver sa maman qui n’a pas été mangé par un dragon contrairement à ce que tout le monde croit. Elle a la classe d’ailleurs sa maman. Mais, il y a quelque chose qui ne va pas, qui ne marche pas dans toute cette histoire. On ne s’y attarde pas assez et trop en même temps compte tenu qu’il faut gérer aussi le méchant ( à la psychologie un peu légère, sans parler d’un de ces hommes qui aurait pu être plus travaillé quitte à vouloir lui donner de l’importance dans toute cette histoire ). Le mélo plombe l’ambiance et ne touche quasiment pas ( pourtant, je suis vraiment du genre sensible ). On sent l’intention d’un film plus mature (le héros étant confronté à de nouveaux questionnements sur son identité, sa place dans la communauté…), mais il aurait sans doute fallut plus de temps pour cela. Il y a tout de même un peu d’action rassurez-vous et la fin est pas mal du tout.

Pour finir la 3 D n’est pas indispensable à ce dessin-animé – mais, ça on s’en doutait -, on apprécie quelques images travaillées, mais le mal de tête qui en résulte (et la marque des lunettes sur le nez) ne vaut sans doute pas le résultat.

 

Les +:  Krokmou Krokmou Krokmou !dragons-2-52b2caa58c071 Les scènes de vol, les différents dragons et leurs jolies couleurs.

Les – : Trop de mélodrames mal amenés, mal exploités…

Avis global : Je ne suis pas sortie de la salle dans le même état d’exaltation que lors du premier, mais j’ai tout de même apprécié l’ensemble. A revoir sans doute pour me forger une opinion définitive.