In The Flesh (le zombie est un homme comme les autres)

On l’aura tous remarqué, en ce moment c’est la grosse mode des zombies. Ils pullulent partout, au cinéma, à la télé, dans nos librairies. Le porte-étendard – sanglant (est levé) – c’est bien sûr The Walkind Dead – série américaine, adaptée d’un comic-book éponyme qui suit les aventures d’un groupe d’hommes et de femmes qui tentent de survivre dans un monde apocalyptique envahit par les mort-vivants.

Bref, les zombies sont tendance.

Et c’est avec intelligence que les anglais se sont réappropriés le phénomène. En posant la question suivante : que se passerait-il si on trouvait un moyen de guérir les zombies ?

Ça ne vous fait pas baver d’envie ? Pour ma part, dès que j’ai vu ce postulat, je me suis jetée sur la première saison de IN THE FLESH. Bon, il faut dire qu’elle ne fait que trois épisodes, les anglais font toujours court. Mais ils livrent ici une œuvre brillante, subtile, émouvante.

Je vous plante le décor, l’apocalypse zombie a été contrôlée. Le gouvernement a rétabli le calme et tente de réadapter les morts-vivants à notre société, grâce à un traitement (une grosse piqûre quotidienne et vachement douloureuse) permettant aux « partiellement décédés » de retrouver leur humanité perdue, tout en gardant leur joli teint cadavérique et leurs yeux morts aux pupilles dilatées.

Seulement voilà, la population a vécu des années dans la peur du zombie et certains (beaucoup même) ne sont pas prêts à accepter leur retour parmi eux. Un bon zombie, c’est un zombie mort.

Photo

La horde a bien changé…

Dans In the Flesh, on va principalement suivre le parcours d’un jeune mort-vivant, Kieren – qui a suivi le traitement et qui, d’après les médecins, est prêt à retourner auprès des siens. Sauf, que pour Kieren c’est plus compliqué que ça. Il est bouffé par la culpabilité, il se rappelle par bribes de sa « seconde vie », de la dernière femme qu’il a mangé et on a beau lui dire que ce n’était pas lui, mais sa maladie, il ne peut pas s’empêcher de se sentir responsable. Pour sa famille, ce n’est pas évident non plus. Elle vit dans un petit village en pleine campagne anglaise, où une milice d’anciens soldats – héros de la guerre contre les zombies – continuent à prendre leur « devoir » très au sérieux, et ce malgré les lois passées. Dans cette milice, il y a bien sûr Jam, la badass petite sœur de Kieren, qui va se retrouver tirailler entre ses frères d’arme et son frère mort-vivant. Bref, la famille cherche à déménager mais en attendant, elle doit cacher le jeune homme. Qui, pour sa part, tente de faire bonne figure et de paraitre « normal » – malgré sa dépression flagrante – pour sa famille. Au programme, fond de teint à gogo et lentilles de contact – histoire d’avoir l’air un peu plus… en forme.

Kieren n’est pas un bon vivant…

In the Flesh a l’intelligence d’utiliser tous les codes du genre (par exemple, la première scène se passe lors d’une attaque zombie dans un supermarché – référence au cultissime Zombie de Romero) et de les traiter de façon hyper réaliste. Dans In the Flesh ne vous attendait pas à une déferlante de tripes et de sang, nous sommes dans un drame intimiste vraiment crédible.

 On peut trouver une ressemblance avec la brillante série Suédoise Real Humans (qui traite de la relation entre humains et robots domestiques) car, comme dans celle-ci, il s’agit de notre monde, notre société. On y a une famille, on y fait des soirées blu-ray et jeu de société. Sauf qu’on décale le tout légèrement. On y fait surgir le surnaturel, le fantastique. Mais on le traite comme un élément du réel et on constate l’impact. Ainsi, dans ce monde, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’une jeune femme au foyer à l’air effacé sache maîtriser une tronçonneuse.

Bien sûr, c’est aussi une façon de traiter le sujet de l’intolérance. Et plus, précisément, de l’homosexualité : la milice va même jusqu’à marquer les maisons habitées par les mort-vivants des lettres PDS (hum). Les scénaristes parlent également, entre les lignes, du SIDA et des fantasmes qu’il y a autour de celui-ci. Ici, tous les habitants sont certains que la « maladie » se transmet par une morsure car ils l’ont vu dans un film et que le prêtre leur a dit. Ah, le prêtre ! La série traite clairement de la religion, de sa façon d’enjoindre les foules à la peur. La peur de ceux qui sont différents et, donc, « dangereux ». Ça ne vous rappelle pas quelque chose ?

Mais avant tout ça, In the Flesh c’est une histoire superbe, bouleversante, intelligemment écrite. Je vous la recommande à tous ! Perso, je suis mordue ^^

 

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