L’Océan au bout du chemin,un conte dans lequel plonger sans hésiter

Pour la première fois, grâce à Babelio et Masse critique, j’ai gagné un livre contre une critique. C’est avec un grand enthousiasme que je vous présente ici ma lecture de L’Océan au bout du chemin de Neil Gaiman.

Croyez-vous que ce chat soit né sous terre ?
Croyez-vous que ce chat soit né sous terre ?

Après avoir lu cet été L’Etrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman, c’est avec plaisir que j’ai ouvert L’Océan au bout du chemin, édité au Diable Vauvert, et ce bonheur n’a cessé de croître au fur et à mesure de ma lecture. Pour tout vous avouer, je l’ai même préféré à l’histoire de Nobody.

Il y avait plus de sécurité dans les livres qu’avec les gens, de toute façon.

J’ai été happée par ce conte. Je n’avais pas dévoré un livre aussi vite depuis bien longtemps, à peine avais-je commencé à lire que je brûlais de savoir la suite.

Si le style propre à Neil Gaiman peu paraître aux premiers abords enfantin, ce qui est d’autant plus légitime que ses héros sont des enfants, il n’en aborde pas moins des sujets graves tels que le suicide, la cruauté du monde adulte dans un monde (le nôtre) où les parents font semblant de ne plus être des enfants. Le regard de cet enfant de sept ans (dont nous ne serons jamais le prénom, après tout, il est l’enfant en général, celui que nous sommes) permet au surnaturel de faire irruption tout naturellement. Rien d’étonnant à ce que des chatons poussent comme des plantes, rien d’étonnant à ce qu’un ver s’introduise dans un pied…

Les adultes suivent les sentiers tracés. Les enfants explorent. Les adultes se contentent de parcourir le même trajet, des centaines, des milliers de fois; peut-être l’idée ne leur est-elle jamais venue de quitter ces sentiers, de ramper sous les rhododendrons, de découvrir les espaces entre les barrières.

Parfois, on se dit que l’enfant a peut-être tout inventé (il peut s’agir de très belles métaphores de ce qu’il a vécu), parce qu’il y a beaucoup de choses vraisemblables : les détails imprègnent le récit ce qui rend cet univers plausible et cohérent. Cela paraît plus facile de s’imaginer des histoires que d’affronter la réalité parfois, surtout quand on a sept ans et qu’on aime rêver dans les livres. Et le roman semble nous dire que toute vérité, tout souvenir est toujours arrangé. Et, après tout, est-ce si grave ?

C’est un très beau conte, un récit sur l’enfance, sur ses interrogations, sur la force des mots et la réécriture que nous faisons de nos souvenirs. Ce monde onirique résonne encore en moi et je pense que le relire m’apportera de nouvelles choses, c’est là l’une des forces d’un récit pour moi.

 

Elle était la puissance incarnée, debout dans l’air qui crépitait. Elle était l’orage, elle était la foudre, elle était le monde adulte avec tout son pouvoir, tous ses secrets et toute sa sotte et négligente cruauté; elle m’a adressé un clin d’œil.

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