Récit iniatique gothique avec Nobody Owens

Une histoire de bébé élevé dans un cimetière par des fantômes ? Il n’en fallait pas plus pour que j’achète L’étrange vie de Nobody Owens (avec le bon d’achat gagné avec ma nouvelle Dessine-moi un poisson – autopromotion :D).

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Comme je suis une personne généralement positive, je peux dire que, grâce aux 3h30 de retard de mon TGV (Train Grande Vitesse, rappelons-le) Toulouse-Paris Montparnasse (orages, arbres sur la voie tout ça, tout ça) ajouté au départ différé de 30 minutes de mon TER Picardie (merci les manifestants sur la voie, je vous aime !), soit plus de 14 heures de trajet au total, j’ai eu le temps de lire. J’ai quasiment fini L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman durant ce voyage. Quasiment, car j’ai aussi envoyé des sms, écrit, révisé (un peu) pour un concours de la Fonction Publique Territoriale (FPT pour les intimes), mangé, dormi…

Pour en venir au cœur du sujet, celui qui vous intéresse au plus haut point,parlons de l’histoire de Nobody Owens. Le roman s’ouvre sur un couteau tâché de sang, celui du Jack qui a presque fini d’accomplir sa tâche. Il a déjà tué un couple et leur fille, ne reste plus qu’un bébé. Sauf que celui-ci, super vif pour son âge, est parti en vadrouille (et sans couche-culotte!) comme Le Jack a laissé la porte ouverte (pas très malin malin). Et puis, il est entré dans un cimetière où il se retrouve sous la protection de Mr et Mrs Owens (ambiance british) et de Silas. Nous suivons le héros, Bod, de sa petite enfance à ses quinze ans aux détours de plusieurs aventures où il découvre les secrets du cimetière, mais aussi du monde au-delà de celui-ci et qui est bien dangereux. D’autant que Le Jack est toujours à sa recherche…

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Illustration de Dave McKean

Dans tout cimetière, une tombe appartient aux goules.
Arpentez n’importe quel cimetière le temps qu’il faudra et vous la trouverez : souillée et gonflée d’humidité, la pierre fendue ou brisée, cernée d’herbes en bataille ou de plantes fétides.
Elle sera peut-être plus froide que les autres sépultures, aussi, et le nom sur la stèle sera dans la plupart des cas illisible. S’il y a une statue sur la tombe, elle sera décapitée, ou couverte de champignons et de lichens au point de ressembler elle-même à une moisissure.
Si une seule tombe, dans un cimetière, semble avoir été vandalisée par des minables, c’est la porte des goules.
Si cette tombe vous donne envie d’être ailleurs, c’est la porte des goules.
Il y en avait une dans le cimetière de Bod.
Il y en a une dans tout cimetière.

 

Il m’a fallu un peu de temps pour m’habituer au style volontairement enfantin -naïveté du phrasé, répétitions volontaires etc.- (peut-être parce que je sortais de deux lectures complètement différentes : le recueil des Rossignols et Quai des enfers d’Ingrid Astier), il faut vraiment plonger dans l’univers du conte, c’est tout le charme de  ce roman. J’ai bien aimé L’étrange vie de Nobody Owens, conte initiatique, accompagné de ses jolies illustrations. Tout le monde s’accorde à dire que l’univers est très burtonien et je ne peux donner tort à cette analyse. L’ambiance gothique est là (le cimetière par excellence, même s’il est ici plein de vies, d’échanges et sources d’aventures insoupçonnées et non un lieu sombre et froid), les personnages sont atypiques ( fantômes dans un cimetière, rien d’étonnant vous me direz… mais même ceux qui sont secondaires ont toujours leur caractéristique propre qui leur donne une « chair ») et c’est souvent drôle. Il y a toujours au détour d’une phrase (ou d’une pierre tombale) un petit trait d’esprit qui fait sourire.

Un cimetière en principe n’est pas une démocratie, cependant la mort est la démocratie suprême.

Le roman invite également à se questionner sur la vie, la mort, le passage de l’enfance à l’âge adulte (comme tout roman d’apprentissage). Bod se trompe sur les choses, les gens, apprend à devoir renoncer parfois… Le ton n’est jamais trop moralisateur, même si comme dans un conte à chaque désobéissance, une catastrophe se produit.

Je n’ai pas eu LE coup de cœur pour ce roman, mais j’ai passé un bon moment de lecture aux côtés de Nobody.

Ils se tuent, tu veux dire ?
Bod avait une huitaine d’années, les yeux curieux et bien ouverts, et il n’était pas idiot.
– Absolument.
-Et ça marche ? Ils sont plus heureux une fois morts ?
– Parfois. La plupart du temps, non. C’est comme les gens qui s’imaginent qu’ils seront plus heureux en allant vivre ailleurs, mais qui apprennent que ça ne marche pas comme ça. Où que l’on aille, on s’emmène avec soi. Si tu vois ce que je veux dire.

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Illustration de David McKean

 

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